TrilateralArchitecte à Deauville
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Construire en zone inondable à Deauville : PPRI de la Touques et submersion marine

Deauville est bâtie en grande partie sur des terrains gagnés sur la mer et sur la vallée de la Touques. Deux risques se superposent : le débordement de la rivière, encadré par un plan de prévention, et la submersion marine, que le PLUi traite avec un atlas et des bandes de précaution.

Mis à jour le
par Quentin Piepszownik, architecte

La rivière entre deux quais de pierre, sous un ciel bleu strié de nuages, avec des immeubles et un clocher au loin.
La Touques vue du pont des Belges, en novembre 2021. Ses bords sont dans l'enveloppe du plan de prévention des risques d'inondation.[1][2]Photo Chabe01, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
La réponse courte

Le plan de prévention des risques d'inondation (PPRI) de la basse vallée de la Touques, approuvé le 3 mars 2016, vaut servitude d'utilité publique ; d'après notre calcul, son enveloppe couvre 32 % de Deauville.[1][2] En zones bleue et orange, le plancher des constructions et des extensions se place au moins 0,20 m au-dessus du niveau de référence, et l'emprise de toutes les constructions du terrain ne dépasse pas 25 % ; en zone rouge, ni l'emprise au sol ni la surface de plancher ne peuvent augmenter, sauf une zone refuge à l'étage de 20 m² au plus.[3] La submersion marine n'a pas de plan de prévention à Deauville : le PLUi interdit les extensions dans les bandes de précaution et rappelle qu'un projet peut être refusé ou soumis à prescriptions.[4][5]

32 %De la commune dans l'enveloppe du PPRI, d'après notre calcul
+0,20 mAu-dessus du niveau de référence, pour le plancher du rez-de-chaussée
25 %Emprise au sol maximale du terrain en zones bleue et orange
2016Approbation du PPRI révisé de la basse vallée de la Touques

Le PPRI de la basse vallée de la Touques

Le PPRI révisé a été approuvé par arrêté des préfets du Calvados et de l'Eure du 3 mars 2016, pour vingt et une communes, dont Deauville ; il remplace celui du 25 octobre 2005.[1] Il « traite des risques d'inondation par débordement de cours d'eau ou par certains phénomènes de ruissellement » (règlement du PPRI, p. 3 sur 22, vérifié le 28 octobre 2026), et s'impose avec le PLUi : « le règlement le plus contraignant des deux s'applique » (règlement du PPRI, p. 5 sur 22, vérifié le 28 octobre 2026).[3]

D'après notre calcul, l'enveloppe des zones réglementaires couvre 123,6 ha de Deauville : la zone de loisirs Nl, celle de l'hippodrome, pour près de la moitié, puis le centre (UAz), le front de mer (Nlz), le pavillonnaire (UCaz, UCa), les immeubles (UB) et le port.[2]

Le niveau de référence — règlement du PPRI, chapitre 2, définitions, p. 8

« Le niveau de référence correspond à l'altitude, exprimée dans le référentiel NGF 69, des plus hautes eaux estimées ou niveaux d'eau atteints par la crue de référence d'occurrence centennale. »

PPRI approuvé le 3 mars 2016, annexé au PLUi, lu par reconnaissance de caractères le 28 octobre 2026. [3]
Rive vaseuse de la Touques à marée basse, un quai et, en face, les façades de Trouville-sur-Mer et un clocher.
La Touques à marée basse, face à Trouville-sur-Mer, en juin 2008.Photo frederikv, CC BY-SA 3.0, recadrée, Wikimedia Commons

Quatre zones, quatre régimes

Ce que le PPRI admet pour une maison existante
ZoneCe qu'elle couvreExtensionConditions principales
RougeAléa fortNi emprise au sol ni surface de plancher nouvelles, sauf une zone refuge à l'étage de 20 m² de surface de plancher au plusÉtude préalable, attestée dans le dossier de permis ; changement de destination sans logement nouveau
OrangeEspaces naturels, agricoles ou d'habitat diffus, aléa faible ou moyenExtension d'une habitation ou d'une annexe dans la limite de 20 m² de surface de plancher au totalEmprise de 25 % au plus sur la parcelle ; plancher à 0,20 m au-dessus du niveau de référence ; pas de locaux de sommeil ; étude préalable
BleueSecteurs urbains, aléa faible ou moyenAdmise, comme les constructions nouvellesEmprise de 25 % au plus, 50 % en secteur de densité renforcée ; plancher à 0,20 m au-dessus du niveau de référence
VerteSecteurs indirectement exposésAdmisePlancher de l'extension au moins au niveau du plancher existant, ou à 0,20 m au-dessus du niveau de référence si l'existant est plus haut

Règlement du PPRI, titre II, p. 10 à 17.[3] Sans niveau de référence connu, le plancher se place à 1 m au-dessus du terrain naturel en zones orange et bleue (règlement du PPRI, p. 13, 15 sur 22, vérifié le 28 octobre 2026).

  • Sous-sols. En zones orange, bleue et verte, ceux qui sont sous le niveau de référence majoré de 0,20 m ne servent ni de chambre, ni de cuisine, ni de salon, ni de salle de bains (règlement du PPRI, p. 13, 15, 16 sur 22, vérifié le 28 octobre 2026).
  • Réseaux. Équipements électriques et techniques au-dessus du niveau de référence majoré de 0,20 m s'ils ne supportent pas l'immersion ; clapets anti-retour sur les réseaux d'eaux usées et pluviales (règlement du PPRI, p. 11-16 sur 22, vérifié le 28 octobre 2026).
  • Clôtures. En zone bleue, les clôtures maçonnées sont admises parallèlement à l'écoulement, ou le long des voies dans les secteurs protégés comme l'AVAP, avec des barbacanes tous les 3 m au moins ; les portails sont ajourés à 50 % sous le niveau de référence (règlement du PPRI, p. 14-15 sur 22, vérifié le 28 octobre 2026).[3] L'AVAP reprend ces conditions pour les clôtures du site patrimonial remarquable.[6]
Une étude, et une attestation

En zones rouge et orange, les projets autorisés font l'objet d'une étude préalable, à la charge du maître d'ouvrage ; la demande de permis comprend une attestation de l'architecte du projet ou d'un expert, qui certifie la réalisation de l'étude et sa prise en compte dans la conception (règlement du PPRI, p. 11, 13 sur 22, vérifié le 28 octobre 2026).[3]

Piste de l'hippodrome, gazon tondu bordé de lisses blanches, une allée au premier plan et une rangée de pins au fond.
L'hippodrome de la Touques, en 2011 : zone de loisirs Nl du PLUi, hors du site patrimonial remarquable, dans l'enveloppe du PPRI.[2]Photo Guillaume Paumier, CC BY 3.0, recadrée, Wikimedia Commons

Lire la zone de votre terrain

Le Géoportail de l'urbanisme ne publie que l'enveloppe du PPRI ; le pré-diagnostic dit si votre adresse y est. La zone exacte se lit sur les documents graphiques au 1/5 000 du plan, et le niveau de référence sur les points de repère de la carte de l'aléa, interpolés entre deux points (règlement du PPRI, p. 8 sur 22, vérifié le 28 octobre 2026).[2][3] Le zonage réglementaire est annexé au PLUi : un tableau d'assemblage et des cartes sur fond cadastral, dont la carte n° 1 pour Deauville et ses voisines (p. 8 à 10 de l'annexe). On y lit l'hippodrome en zone orange, une bande du centre en zone bleue de densité renforcée, les bords de la Touques et des bassins en zone rouge, et des abords de la gare en zone verte.[7] Nous y relevons la zone de votre terrain, à titre indicatif : à l'échelle de ces cartes, une parcelle en limite de zone se vérifie sur la pièce officielle, auprès du service urbanisme, avant de concevoir le projet.

Pour placer un plancher au-dessus d'une cote, il faut connaître l'altitude du terrain et du plancher existant : un relevé altimétrique par un géomètre est alors indispensable.

La submersion marine

Géorisques ne recense à Deauville que deux plans de prévention, le PPRI et celui des mouvements de terrain du mont Canisy : il n'y a pas de plan de prévention des risques littoraux.[4] Le PLUi annexe l'atlas régional des zones sous le niveau marin de la DREAL de Normandie : avec un niveau marin extrême de référence de 5 m, l'hippodrome, les bassins du port et quelques îlots y figurent en « zone basse située à plus de un mètre sous le NMER + 0,2m » ; le reste de la ville basse est en zone basse, à moins d'un mètre sous ce niveau ou à moins d'un mètre au-dessus, le centre entre les Planches et la gare surtout dans cette dernière classe. Une bande de précaution derrière un ouvrage est dessinée à Port Deauville, vers la pointe de la Cahotte.[8]

Dans la bande de précaution contre la submersion marine (zones UA, UB, UC, N du PLUi)
ProjetRègle du PLUi
Extension d'adaptation (accessibilité, mise aux normes, sécurité)Admise, moins de 10 m² de surface de plancher
Zone refuge à l'étage d'une maison de plain-piedAdmise, moins de 20 m² de surface de plancher
Autre extension, véranda compriseInterdite
Annexe, piscine non couverteInterdites
Changement de destinationAdmis sans création d'hébergement
Reconstruction après un sinistre non lié à la submersionAdmise, plancher à 1 m au-dessus du terrain naturel ou à plus de 20 cm au-dessus du niveau de référence centennal

Règlement du PLUi, articles UA1, UB1, UC1 et N1, p. 21, 38, 53-54 et 186.[5]

Hors des bandes de précaution, le PLUi n'écrit pas de règle chiffrée pour les zones basses ; il rappelle que, selon l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, un projet « peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales » à cause d'un risque de submersion (règlement du PLUi, p. 7-8, vérifié le 28 octobre 2026). Dans les secteurs soumis à la submersion, la reconstruction à l'identique après démolition n'est pas de droit (règlement du PLUi, p. 5, vérifié le 28 octobre 2026).[5]

Chenal à marée basse entre des bancs de sable, une jetée de bois et deux petits phares, la ville de Trouville en arrière-plan.
L'avant-port à marée basse, en novembre 2021, avec Trouville-sur-Mer en arrière-plan.Photo Chabe01, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

Les autres risques recensés

Géorisques recense aussi à Deauville la remontée de nappe et la tempête ; la commune est en zone de sismicité 1, très faible, et en potentiel radon de catégorie 1. Neuf arrêtés de catastrophe naturelle y ont été pris, dont cinq pour inondations et coulées de boue et un pour chocs mécaniques liés à l'action des vagues.[9][10] Le PLUi annexe aussi l'atlas régional des zones inondables, de 2021.[11]

Cas type : agrandir une maison en zone bleue

Cas type — pas une réalisation

Maison de 95 m² sur un terrain de 480 m² en zone UCa du PLUi, hors site patrimonial remarquable, en zone bleue du PPRI. Emprise existante : 90 m². Projet : une pièce de 22 m² de plain-pied sur le jardin.

Le projet, point par point
PointRèglePour ce projet
AutorisationMoins de 40 m² en zone urbaine, total sous 150 m²Déclaration préalable
Emprise, PPRI25 % du terrain au plus, toutes constructions comprises112 m², soit 23,3 % : conforme
Emprise, PLUi45 % en UCaConforme
Plancher0,20 m au moins au-dessus du niveau de référenceNiveau de référence à relever ; plancher de l'extension surélevé si besoin, d'où une marche ou une rampe
PiècePas de pièce de vie dans un sous-sol sous le niveau de référencePas de sous-sol
Prix du dossierDéclaration préalable, 22 m²900 € + 2 m² × 35 € = 970 €

D'après le règlement du PPRI, p. 15, et le règlement du PLUi, p. 62.[3][5][12] Dans le site patrimonial remarquable, l'accord de l'ABF s'ajoute et le délai passe à 2 mois.[13][14]

Questions fréquentes

Ma maison est-elle en zone inondable ?

Le pré-diagnostic dit si l'adresse est dans l'enveloppe du PPRI de la Touques ; la zone, rouge, orange, bleue ou verte, se lit sur les cartes de zonage annexées au PLUi : nous la relevons à titre indicatif et la faisons confirmer par le service quand la parcelle est en limite. Pour la submersion marine, l'atlas annexé au PLUi classe presque toute la ville basse en zone basse au regard du niveau marin de référence.[2][7][8]

Peut-on aménager un sous-sol en zone inondable ?

En zones orange, bleue et verte du PPRI, pas en pièce de vie s'il est sous le niveau de référence majoré de 0,20 m.[3]

Y a-t-il un plan de prévention de la submersion marine à Deauville ?

Non : Géorisques ne recense que le PPRI de la Touques et le plan des mouvements de terrain du mont Canisy. La submersion est traitée par l'atlas des zones sous le niveau marin annexé au PLUi et par les règles du PLUi.[4][8][5]

Voir aussi

Sources consultées (14)

Votre projet commence par une adresse

Le pré-diagnostic lit les bases publiques pour votre parcelle ; l'architecte vous répond ensuite par email.

Gratuit et sans engagement.