TrilateralArchitecte à Deauville
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Travaux sur une villa de Deauville : colombages, brique, essentages et toitures

Villas néo-normandes à pans de bois, villas de brique et de pierre, toitures à fortes pentes, bow-windows et lucarnes : le patrimoine de la station a ses règles, écrites dans l'AVAP pour le site patrimonial remarquable et dans le PLUi pour le reste de la commune.

Mis à jour le
par Quentin Piepszownik, architecte

Deux façades à pans de bois, l'une noir et blanc, l'autre rouge et blanc avec des croix de Saint-André, coiffées de lucarnes pointues, au-dessus de deux boutiques ; un immeuble de brique à droite.
Rue Victor-Hugo : pans de bois peints, lucarnes et brique, les matériaux que l'AVAP demande de conserver.Photo Zairon, CC BY-SA 4.0, recadrée, Wikimedia Commons
La réponse courte

Dans le site patrimonial remarquable, où se trouvent presque toutes les villas, le règlement de l'AVAP demande de conserver la composition des façades : « Les pans de bois seront peints », la brique n'est « ni peinte, ni enduite », les menuiseries sont en bois et « Le PVC est interdit » ; en réfection, la couverture est en ardoise naturelle ou en tuile plate petit moule.[1] Chaque modification passe par une déclaration préalable et l'accord de l'Architecte des Bâtiments de France.[2][3] Hors du site, le PLUi interdit l'isolation par l'extérieur sur la brique, la pierre et les colombages.[4]

PeintsLes pans de bois, et les faux pans de bois de la composition
InterditLe PVC, pour les menuiseries et les volets d'une construction ancienne
55 × 80 cmChâssis de toit au plus, deux par bâtiment, hors 1re catégorie
3 teintesDominantes de la proposition chromatique jointe au dossier
Automobiles et promeneurs devant une maison à pans de bois et une villa à pignon, en août 1920 (film « Pendant la semaine du Grand Prix », tourné à Deauville et à Trouville-sur-Mer).Film Lucien Le Saint et Camille Sauvageot, Archives de la Planète (musée départemental Albert-Kahn), CC BY-SA 4.0, extrait de 14 s, sans son, Wikimedia Commons

Une architecture que les textes décrivent

Le PLUi définit l'architecture du Pays d'Auge : longères, maisons de maître, et des « constructions d'inspiration plus néo-normande, avec des volumes complexes et de fortes pentes de toiture », en ardoise ou en tuile plate, de brique, de pierre, de chaux et de bois (règlement du PLUi, p. 11-12, vérifié le 28 octobre 2026).[4] La ville résume le caractère des villas en six traits : les matériaux employés en décor, les toitures, les bow-windows, les balcons, les menuiseries et le décor du bois.[5]

Dans le site patrimonial remarquable, les règles de l'AVAP sur les constructions anciennes s'appliquent aux bâtiments de 1re et de 2e catégorie et, sauf dans les secteurs des bassins et du coteau, aux constructions anciennes non repérées qui sont conservées (règlement de l'AVAP, p. 14, vérifié le 28 octobre 2026).[1]

Autochrome : un verger de pommiers en fleurs et, au fond, un long bâtiment de ferme à pans de bois.
Une ferme à pans de bois et ses pommiers en fleurs, aux environs de Deauville, en avril 1923.Photo Roger Dumas, Archives de la Planète (musée départemental Albert-Kahn), CC BY-SA 4.0, recadrée, Wikimedia Commons

Pans de bois, brique, pierre, enduits

Ce que dit l'AVAP — règlement de l'AVAP, chapitre 5, § 3.1 c, p. 15

« Les pans de bois seront peints. Les faux pans de bois, faisant partie de la composition de la façade, devront être conservés et peints. Toute modification visant à simplifier ou à remplacer le dessin originel ne sera pas autorisée, les éléments de bois décoratifs (sculptures, figurines...) seront conservés et restaurés. »

Règlement approuvé le 2 novembre 2015, modifié le 27 septembre 2021, lu par reconnaissance de caractères le 28 octobre 2026. [1]
  • Brique. L'aspect de la brique et de ses joints se maintient ; elle n'est « ni peinte, ni enduite », rejointoyée comme à l'origine (règlement de l'AVAP, p. 15, vérifié le 28 octobre 2026).
  • Pierre de taille. Elle reste apparente, ni peinte ni enduite ; une façade en pierre de taille peinte doit être décapée (règlement de l'AVAP, p. 15, vérifié le 28 octobre 2026).
  • Enduits. Les maçonneries qui ne sont ni en pierre ni en brique de parement sont enduites, avec un enduit adapté à l'origine de l'immeuble (règlement de l'AVAP, p. 16, vérifié le 28 octobre 2026).
  • Isolation. Les murs s'isolent par l'intérieur, pour ne pas toucher à la composition et au décor ; le doublage extérieur n'est admis que sur les bâtiments de 3e catégorie, en tissu discontinu, ou sur une façade arrière invisible en tissu continu (règlement de l'AVAP, p. 18, vérifié le 28 octobre 2026).
  • Couleurs. La polychromie reprend les dispositions d'origine, avec une proposition chromatique de « trois teintes dominantes de couleur » jointe au dossier ; peintures non brillantes ; les mêmes règles valent pour les charpentes, les menuiseries et les essentages (règlement de l'AVAP, p. 19, vérifié le 28 octobre 2026).[1][6]
Photographie ancienne en noir et blanc : une rue bordée de grands immeubles à pans de bois et balcons fleuris, des automobiles des années 1920 garées le long du trottoir.
Une rue de Deauville en août 1923, photographie de presse de l'agence Meurisse.Photo Agence Meurisse, Bibliothèque nationale de France, domaine public, recadrée, Wikimedia Commons

Toitures, lucarnes, châssis de toit

Toitures d'une construction ancienne dans le site patrimonial remarquable
SujetRègle de l'AVAPFolio
VolumesSur les villas exceptionnelles et remarquables, modifications des volumes de toiture interdites, sauf retour à la volumétrie d'originep. 17
CouvertureEn réfection, ardoise naturelle ou tuile plate petit moule en terre cuite ; brisis et raccords invisibles en ardoise, terre cuite, cuivre, zinc prépatiné ou plombp. 17
Ouvrages de toitureClochetons, tourelles, épis, faîtières, crêtes : conservés, restaurés ou remplacés à l'identique ; souches de cheminées conservéesp. 17, 19
IsolationPar l'intérieur ; surélévation des toitures « à éviter », sauf si elle n'est perceptible ni en égout, ni en pignonp. 18
LucarnesLucarnes traditionnelles axées sur les baies, inspirées de celles de la construction, en nombre limitép. 19
Châssis de toitInterdits sur les villas de 1re catégorie, où un châssis existant peut être remplacé par une tabatière ; ailleurs 2 au plus, 55 × 80 cm, encastrés, peu visiblesp. 19
Panneaux solairesSeulement sur les bâtiments non repérés par l'AVAP, et invisibles depuis les lieux accessibles au publicp. 18

Règlement de l'AVAP, chapitre 5, folios cités.[1] Bord de mer oblige, l'AVAP admet que la couverture imposée soit parfois impossible, sur une pente trop faible : le matériau d'origine est alors proposé à l'ABF.[1]

Autochrome aux couleurs passées : un grand hôtel à pans de bois et à toits d'ardoise multiples, derrière une clôture de bois blanche et un trottoir.
L'hôtel Normandy photographié le 15 août 1920 par Georges Chevalier : pans de bois, toitures d'ardoise à lucarnes et clôture de bois sur rue.Photo Georges Chevalier, Archives de la Planète (musée départemental Albert-Kahn), CC BY-SA 4.0, recadrée, Wikimedia Commons

Hors du site patrimonial : les règles du PLUi

Hors du site patrimonial remarquable, l'AVAP ne s'applique pas ; les articles 11 des zones UA, UB et UC du PLUi fixent l'aspect (règlement du PLUi, p. 31-34, 46-50, 64-67, vérifié le 28 octobre 2026) :[4]

  • « L'isolation par l'extérieur est interdite : sur les façades en brique et en pierre, sur les colombages et ornementations en façade » ; la fermeture des balcons et des loggias aussi ;
  • pour une pente de plus de 30°, un débord de toiture de 0,30 à 0,80 m ; brisis des toits à la Mansart entre 70 et 80° ; tuile canal interdite ;
  • fenêtres de toit encastrées, de 114 × 118 cm au plus, une par tranche entamée de 40 m² de rampant, 30 m² si elles ne se voient ni du domaine public ni des voies privées ;
  • une extension reprend la logique volumétrique, architecturale et ornementale de la maison, ou affiche « un parti architectural radicalement différent et contemporain ».
Autochrome : une maison basse à colombages et toit de chaume, au milieu de pommiers en fleurs et d'arbres.
Maison à colombages et toit de chaume entre les pommiers, aux environs de Deauville, en avril 1923.Photo Roger Dumas, Archives de la Planète (musée départemental Albert-Kahn), CC BY-SA 4.0, recadrée, Wikimedia Commons

Cas type : refaire la toiture d'une villa et ajouter un châssis

Cas type — pas une réalisation

Villa d'accompagnement (2e catégorie) en tissu discontinu, couverte d'ardoise. Projet : réfection complète de la couverture et pose d'un châssis de toit sur le pan arrière.

Le projet, point par point
PointRèglePour ce projet
AutorisationModification des parties extérieures : déclaration préalable et accord de l'ABFDéclaration préalable
CouvertureArdoise naturelle ou tuile plate petit mouleArdoise naturelle, faîtages et épis conservés
Châssis de toit2 au plus, 55 × 80 cm, encastré, peu visible des espaces publicsUn châssis de 55 × 80 cm, côté jardin
IsolationPar l'intérieur, sans rehausser la toitureIsolation sous rampants
Délai2 mois d'instructionCommande de l'ardoise après la décision
Prix du dossierDéclaration préalable d'après votre description900 € ; 1 600 € si la toiture est à concevoir

D'après le règlement de l'AVAP, p. 17 à 19, et le code de l'urbanisme.[1][7]

Questions fréquentes

Peut-on laisser les colombages en bois brut ?

Pas dans le site patrimonial remarquable : l'AVAP impose que les pans de bois soient peints, faux pans de bois compris.[1]

Peut-on isoler une villa à colombages par l'extérieur ?

Non : dans le site patrimonial remarquable, les murs s'isolent par l'intérieur, sauf exceptions sur les bâtiments de 3e catégorie ; hors du site, le PLUi interdit l'isolation par l'extérieur sur les colombages, la brique et la pierre.[1][4]

Des fenêtres en aluminium sur une villa ancienne ?

Sur une construction ancienne du site, les menuiseries sont en bois, sauf si elles étaient métalliques à l'origine. L'aluminium teinté est admis pour les constructions neuves et les extensions.[1]

Combien de fenêtres de toit sur une villa ?

Aucune sur une villa exceptionnelle ou remarquable ; deux au plus, de 55 × 80 cm, ailleurs dans le site. Hors du site, le PLUi en admet une par tranche de 40 m² de rampant, de 114 × 118 cm au plus.[1][4]

Voir aussi

Sources consultées (7)

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